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vendredi 16 mars 2018

La spiritualité Africaine

L’Afrique est malade des religions qui lui imposent des spiritualités même par la guerre. Des religions aux idéologies souvent contradictoires. Intolérantes, chacune se veut cependant universelle à la différence de la spiritualité africaine pour laquelle seule la foi en l’être suprême est universelle.
La spiritualité et la religion sont le problème de l’africain aujourd’hui. C’est donc avec intérêt qu’on peut se demander ce qu’est la spiritualité, sa relation avec la religion et comment définir la spiritualité africaine.
La notion de spiritualité comporte des acceptions différentes selon le contexte de son usage. Elle se rattache à la religion, au regard de l'être humain dans sa relation avec des êtres supérieurs (dieux, démons) et le salut de son âme. D'un point de vue philosophique, elle se rapporte à l'opposition de la matière et de l'esprit. Ainsi, on pose la question du corps et de l’esprit, ou encore de l'intériorité et de l'extériorité.
D’un autre point de vue, la spiritualité désigne la quête de sens, d'espoir ou de libération, ainsi que les démarches qui s'y rattachent telles que les initiations, les rituels, le développement personnel. Cependant, dissociée de la religion et de la foi en Dieu, elle  peut aussi, selon une autre manière de la considérer,  se proclamer « spiritualité sans religion et sans dieu ».
Pendant plusieurs siècles, dans le cadre des religions  établies, les aspirations et les pratiques spiritualistes se sont développées de façon  très normative au point de rendre les termes religion et spiritualité synonymes. Et dans les travaux des théologiens ou des sociologues,  la notion de spiritualité s'est de plus en plus  appliquée à rendre les croyances et comportements humains universels et ce, qu’ils soient  antérieures ou postérieures aux religions historiques dont la motivation était liée à l'idée d'une survie après la mort physique, et où l'âme, en tant qu'entité cohérente et indépendante du corps poursuivait une vie commencée sur terre. En somme, certains voient dans la spiritualité une simple expression de l'instinct de survie, voire un moyen de ne pas se confronter à la réalité de notre condition de mortels.  Pour d’autres, elle révèle la mémoire intrinsèque de l’immortalité de l’âme.
Si toute religion trouve son fondement dans une spiritualité, toute spiritualité n'est pas une religion. Selon certains auteurs, la distinction se ferait ainsi : il y aurait dans la religion une perspective collective et dans la spiritualité une démarche plus individuelle. C’est donc une question de la religion comme organisation opposée à la foi qui est le fait de croire en Dieu.
La spiritualité religieuse est le fait de se relier à Dieu, au divin, à une réalité transcendante. Elle est un lien qui conduirait l'homme à se relier aussi à lui-même, aux autres, à la nature et à l'univers.
Après avoir supplanté les spiritualités plus ou moins structurées du paganisme, ou comme en Afrique à l'animisme c’est-à-dire, cette croyance en un esprit, en  une force vitale qui anime les êtres vivants, les objets mais aussi les éléments naturels, comme les pierres ou le vent, ainsi qu'en des génies protecteurs, les spiritualités juive, bouddhique, chrétienne, musulmane, se sont développées sans véritable concurrence pendant de nombreux siècles, jusqu'au jourd’hui. Dans tous les pays où ces religions n'étaient pas parvenues à s'imposer, des spiritualités locales ont cependant continué à se développer. Aujourd’hui, au nom des religions qui les incarnent, des spiritualités avilissent l’homme, et leurs adeptes prétendent être dans la pensée de l’être suprême, et peuvent se substituer au divin au nom duquel ils distinguent le bon du mauvais croyant. Ce qui est très loin de la spiritualité africaine d’avant l’invasion des religions musulmane et chrétienne.
La Spiritualité africaine
Face à la dérive spirituelle des religions importées, notamment de l’islam et du christianisme, la question du retour à la spiritualité africaine sonne comme une révolte et comme la voie indiquée pour reconstruire l’homme africain  nouveau, plus humain, en relation avec l’être suprême.
La spiritualité africaine est cette croyance en un esprit, en  une force vitale qui anime les êtres vivants, les objets mais aussi les éléments naturels, comme les pierres ou le vent, ainsi qu'en des génies protecteurs. Tsobgny est un de ceux qui disent ce qu’est la spiritualité africaine, et qui plaide pour le retour à l’authenticité spirituelle africaine. Voir le texte ci-après :

*Je suis Africain, Bantou, bamiléké du sang jusqu'à la dernière cellule. Mes ancêtres ne connaissaient ni Abraham ni Isaac, encore moins Jacob et Moïse. Jamais ils n'avaient entendu parler de Jésus, de Mahomet, de l'Apocalypse, du Jugement dernier, du Paradis de l'Enfer, de la Bible ou du Coran. Jamais mes ancêtres ne payaient de dîme aux hommes d'église encore moins d'impôts aux à César. Parce que mes  ancêtres étaient authentiques, Ils CROYAIENT, ils croyaient en une vie après la mort, d'ailleurs ils ont appris à ''parler'' à leurs morts en gardant leurs crânes, devenus pour eux des intercesseurs auprès d'un être suprême invisible et tout puissant. Mes ancêtres étaient polygames, animistes, ouverts et sociables. Ils avaient pleine connaissance du bien et du mal, ils respectaient la préciosité de la vie et de l'humain bien avant les 10 Commandements. Mes ancêtres ne priaient pas à genoux et à tue-tête, ils n'invoquaient pas le feu du Saint-Esprit,  n'avaient ni huile d'onction ni eau bénite, ni encens ni chapelet. Pourtant mes ancêtres à moi vénéraient et s'inclinaient devant cet être suprême et juste qu'ils invoquaient en tant que de besoin dans une grotte, sous une chute d'eau, devant un arbre centenaire ou sur les rives d'un fleuve. Mes ancêtres savaient déjà que voler, tuer, convoiter, jalouser, médire et maudire était mal. Ils savaient aussi qu'autrui était notre semblable et qu'il méritait respect, considération et compassion. De grâce que cesse donc l'abrutissement de la conscience Africaine porté par la délégitimation de ses croyances et de son riche patrimoine ethnoculturel, sous le fallacieux prétexte de la salvation du monde de l'obscurantisme et du chaos par les *''Vraies Religions'' Celles-là même dites: inspirées de Dieu en personne*
*L'Orient a le bouddhisme, le Benin a le vaudou, le Sawa a l'eau et la mer, le Bassa ‘a a la grotte de Ngok lituba, le Bakwerii a le Mt Cameroun, le Bamiléké a les crânes. Il n'existe qu'un seul et unique Dieu la religion quant à elle est  culturelle et stratégique.*
*Parce que je suis persuadé que mes ancêtres ne brûlent pas en ce moment dans un immense lac de feu pour l'éternité parce que n'ayant pas connu Jésus, parce que je crois qu'ils étaient aussi pieux sinon plus que Mère Teresa et TB Joshua, parce que je crois que les chemins diffèrent et que la destination est unique, permettez que là-bas chez moi à Dschang mon père dépositaire du savoir ancestral, dépose un peu de terre sacrée sur mon front, m'asperge d'huile rouge et de sel et appelle mes aïeux à intercéder pour moi auprès du très haut, eux dont les crânes gisent fièrement là devant moi, moi l'enfant du pays, moi le petit Bamiléké fier de ses racines et de sa culture.*
*TSOBGNY*

Après ce texte, peut-on encore dire qu’il n’y a pas une spiritualité africaine authentique ? Il ne manquerait plus qu’une organisation, une religion (Voir notre ouvrage Lettres à mon ami blanc) pour porter et enseigner cette spiritualité.

Daniel TONGNING
16 mars 2018
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