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jeudi 28 avril 2016

Avec le Chancelier Peter Agbor Tabi

L’intérêt pour la grandeur du Cameroun voulut que je rencontrasse le Chancelier Peter Agbor Tabi avec qui j’étais en relation à la demande du Professeur Maxime Haubert, Directeur de l’IEDES Paris -1 qui avait souhaité que l’IEDES ait des relations de coopérations avec l’Université de Yaoundé. Un accord avait été négocié et la réorganisation de l’Université de Yaoundé allait modifier la donne. Un mois d’octobre, alors en voyage au Cameroun je me présentais à la Chancellerie de l’Université de Yaoundé pour prendre rendez-vous. J’apprenais séance tenante que Peter Agbor Tabi n’était plus Chancelier mais Recteur de l’Université de Yaoundé-I. Je voyais ma mission se compliquer, mais je voulais rencontrer l’homme avec qui nous avions négocié un accord de coopération universitaire et de qui je reçu pour l’IEDES une réponse favorable pour deux prestigieuses institutions. 
Pour moi, originaire du Cameroun, la mission était exaltante. Pour l’IEDES Paris -1, une bonne chose car en effet, l’Institut voulait, à la fin de sa coopération avec l’Université Marien Ngouabi de Brazzaville, avoir un partenaire en Afrique Centrale. Membre du Conseil d’administration de l’IEDES, et pour l'intérêt de l'IEDES, je pensais naturellement à l’Université de Yaoundé pour son importance et le développement des centres universitaires au Cameroun à l'époque. Le Professeur Maxime Haubert, Directeur de l’IEDES me chargeait du suivi de l’affaire. Avant de dire un mot de ma rencontre avec le Chancelier Peter Agbor Tabi, j’aimerais dire un autre sur l’IEDES Paris -1.
Dans le monde, l'IEDES est avec la Queen Elizabeth House de l'Université d'Oxford, le plus ancien institut d’études du développement. Créé en 1957 lors de la vague des indépendances africaines et asiatiques par le gouvernement français, Il est une entité de l’Université Paris-1 Panthéon-Sorbonne. I’ Institut a toujours su adapté avec le temps ses missions de recherches et de formations sur les mondes en développement. L’IEDES que j’ai connu et dont je fus l’un des administrateurs est celui des années 1985-1996. Ce fut la période où, dans un contexte de déclin du bloc de l’Est, de crises d’endettement en Amérique latine et en Afrique, cet Institut préparait les cadres à l'ajustement structurel et abordait avec les années 90, l’ère de la mondialisation qui allait déboucher sur celui de la numérisation.
De 1989 à 1996, le Professeur Maxime Haubert, sociologue, responsable de missions scientifiques internationales, le dirigera et son Conseil d’administration était présidé de 1990 à 1997 par  Alain Ruellan Directeur général de l’ORSTOM de 1982 à 1987. C’est en ma qualité d’administrateur, élu par le collège étudiant de l’Université de Paris 1 que je désirais rencontrer le Chancelier.
Le Chancelier Peter Agbor Tabi de l’Université de Yaoundé avec qui l’IEDES et moi avions correspondu me reçut sans rendez-vous à ma demande. Lorsque je me présentai à l’accueil de la Chancellerie, je disais venir demander un rendez-vous avec Monsieur le Chancelier. La jeune Dame qui me répondu me dit qu’il n’était plus Chancelier mais Recteur de l’Université de Yaoundé I. J’ignorais tout alors du devenir de l’accord. J’insistais et lui disais que j’avais peu de temps à Yaoundé car il est vrai, je devais me rendre à Dschang. Elle me demanda d’aller voir à son secrétariat. A ma surprise le Recteur Peter Agbor Tabi accepta de me recevoir de suite et le fit entre deux étudiants qui attendaient d’être reçus. Je me présentais en deux mots ; lui disais l’objet de ma visite et m’excusais car, je venais seulement prendre rendez-vous puisque je le savais très occupé. Il me dit qu’au contraire il le faisait avec plaisir.
J’évoquais l’accord de coopération entre l’université de Yaoundé et l’IEDES Paris-1. Le Chancelier m’expliqua que tout avait été fait ; que le ministère de tutelle avait donné son accord ; que l’accord avec l’IEDES étaient fort avantageux autant pour les étudiants que pour les professeurs. L’Université de Yaoundé et l’IEDES pouvaient mettre en place des programmes d’échange des professeurs et d’étudiants. Il me remercia et à travers moi ceux des enfants du Cameroun qui, à l’extérieur pensent à leur pays. Il dit ensuite ses remerciements à l’endroit du Directeur de l’IEDES, le Professeur Maxime Haurbert. Il me donna à la fin de notre entretien le nom de l’enseignant qui, à Yaoundé était chargé du projet et de sa mise en place. A la sortie de l’entretien j’eus une prise de vue avec l’enseignant et nous donnions rendez-vous au rectorat pour le lendemain.
Si je peux regretter que le rendez-vous que l’enseignant  ne put honorer notre rendez-vous et que l’accord avec Yaoundé II ait été oublié, je dois dire que le Chancelier Peter Agbor Tabi a été d’une grande courtoisie et très patriote pour avoir tout fait pour que son ministère de tutelle approuvât l’accord.
Au moment où il n’est plus et compte tenu de l’instant que nous eûmes et évoquâmes le projet d’accord, je salue sa mémoire, adresse à la famille universitaire camerounaise mes mots de réconfort et à sa famille mes sincères et cordiales condoléances.

Daniel Tongning
Ecrivain

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