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samedi 8 février 2014

Comment le Cameroun devint protectorat allemand

Le récit de l’histoire du Cameroun pêche souvent dans la sémantique lorsqu'il s‘agit de l’origine de l’État du Cameroun. Il n’est pas rare d’entendre dire que le Cameroun est une colonie française; ce qui est évidemment faut; qu’avant de l’être, elle était celle de l’Allemagne. Ce qui, de notre point de vue, est encore faut. Il faut dire que le Cameroun n’a jamais était colonie de qui que ce soit. Par contre, il est exact de dire que, comme le Cambodge, le Laos, le Tonkin, la Tunisie et le Maroc, le Cameroun a été un protectorat. Puis pupille des nations Unies administrée sous le régime de mandat.
Comment le Cameroun devint un protectorat,  puis, État pupille des nations Unies sous mandant, telles sont les questions qu'on peut se poser

I- Et le Cameroun devint protectorat

Le Cameroun est un État qui, lors de l’activisme colonial des puissances d’Europe, confia sa protection à l’Allemagne alors l’une d’elle. En 1868, la Woermann ouvre une première factorerie à Douala , la première pour l’Allemagne. En 1875, la compagnie hambourgeoise Jantzen & Thormälen s'installe aussi sur la côte camerounaise. Woermann va alors fonder une ligne de bateaux à vapeurs commerciaux qui desservira les différents ports de la côte africaine à partir de Hambourg. Les Britanniques se mettent aussi de la partie et vinrent concurrencer les compagnies allemandes. Comme les allemands, ils installent des maisons de commerce. Par la suite, le Docteur Gustav Nachtigal, alors consul impérial d’Allemagne à Tunis, est nommé commissaire impérial pour la côte occidentale africaine par Bismarck le 19 mars 1884. Il a pour mission de défendre les intérêts commerciaux allemands, face aux autres puissances coloniales, en particulier contre la France et la Grande-Bretagne; d'établir des protectorats sur la côte africaine. C'était, même si cette hypothèse peut être contestée, une manière de trouver des alliers parmis les Etats traditionnels africains.
Il faut dire que, la course à la recherche des alliances sur la côte africaine faisait age. La partie de la côte africaine allant du delta du Niger au Gabon, ainsi que l'île de Fernando Poo est occupée par l'Espagne. Les Anglais y avaient des comptoire et voulaient installer un protectorat sur le Cameroun. Cette zone fait partie de la zone de mission du Commissaire impérial Gustav Nachtigal. En juillet 1884, Nachtigal hisse le drapeau allemand à Lomé et à Bagida. Il fait ensuite fait son entrée à Douala le 10 juillet 1884 à bord de la canonnière SMS Möwe, au moment où celle des Britannique appelée Goshawk rodait à proximité. Nachtigal négocie un traité de protectorat avec les chefs de tribus Ndumb'a Lobe (King Bell ), chef des Doualas, et Ngand'a Kwa, le 11 et le 12 juillet suivants. Le drapeau allemand est hissé le 14 juillet au Cameroun. La perte de l'autonomie et des chefs traditionnels de la côte camerounaise entrainait celle des royaumes et autres chefferies de l'intérieur. L'Etat du Cameroun devenait le nouveau protectorat.
Le consul britannique Hewett, qui avait la même mission pour le compte de sa non moins Gracieuse Majesté pour proposer le protectorat britanique arriva sur les lieux cinq jours plus tard à bord de la canonnière Flirt.
Il ne put proclamer le protectorat britannique sur le Cameroun. Il ne put, à sa grande colère que prononcer une protestation officielle contre la proclamation du protectorat allemand sur le Cameroun.

II - Puis État pupille des nations unies sous le régime du mandat

Qu'est-ce qu'un protectorat? Le protectorat que connut le Cameroun est un régime politique particulier . Il constitue l'une des manières de confisquer par la ruse ou par consentement à la suite des manigances l'autonomie internationale d'un Etat utilisée par des États belliqueux et coloniaux. Il diffère de la colonisation pure et simple en ce que, les institutions existantes de l’État protégé et donc protectorat, y compris la nationalité, sont maintenues sur un plan formel, la puissance protectrice s’octroie alors la responsabilité de la gestion de la diplomatie, du commerce extérieur et éventuellement de l'armée de l'État protégé. On sait, et l'histoire l'enseigne, que la France, dans l'exercice du pouvoir dans le cadre du protectorat et du mandat confisquait à la fois l'autonomie de décision externe et interne des Etats protectorat et sous mandat.
Le terme « protectorat » peut être employé, de manière polémique, pour désigner des régimes politiques considérés comme étant sous l'influence étroite d'États plus puissants. Dans certains cas, on parlera d’État ou de gouvernements fantoches.
Le régime de protectorat ne doit pas être confondu avec le régime du mandat appliqué, au nom de la Société des Nations (SDN), puis après 1945, sous le nom de tutelle au nom de l'Organisation des Nations unies, après la Première Guerre mondiale, à certains anciens territoires ottomans que sont la Syrie, le Liban, la Palestine, la Transjordanie, et l’Irak., et les colonie allemandes du Togo, du Sud-Ouest africain, du Ruanda-Urundi, du Tanganyika, des îles Marshall, îles du Samoa occidentales, du Nauru et qui fut appliqué au Protectorat du Cameroun.
Maintenant, chaque Camerounais peut dire: je sais comment l’État du Cameroun est devenu protectorat allemand; que, pupille de l'Onu, il fut Etat sous mandat et qu’en définitive, le protectorat n’est pas une colonie, pas plus l'Etat sous tutelle de l'Onu que fut le Cameroun. C'est à bon droit que le camerounais peut dire comme il est depuis toujours dit, que le Cameroun est en Afrique centrale le pays qui n’a jamais été une colonie. Que la Royaume uni et la France aient chacun administré une partie du Cameroun, est vrai mais, ces puissances administrèrent un pays pupille de l’Organisation des Nations Unies. Voilà pourquoi le Cameroun n’a jamais fait partie de l’Afrique Équatoriale Française et qu’émancipé, il veille à protéger son autonomie de décision en Afrique et dans le monde.


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