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vendredi 26 avril 2013

J'aime le Cameroun

J’aime le Cameroun, mais j’ai le sentiment que les Camerounais sous-estiment souvent leur pays. Il me semble qu’ils désespèrent de ce pays. Il est vrai qu’ils aimeraient que leur pays avance à grand pas vers un développement réussi et équilibré, et que sa lenteur dans presque tous les domaines de la vie d’une puissance qui semble ne pas vouloir s’élever bien haut et disputer aux autres grands une place dans le leadership des nations les agace.
Le Cameroun n’est pas seulement un très beau pays où les étrangers s’y plaisent. C’est un grand pays, une puissance qui, jalouse de sa liberté semble avoir peur de mettre ses sabots en des endroits peu recommandés. Le Cameroun est mieux perçu par l’Etranger que par le camerounais qui, versé dans sa critique à tout va, oublie de bomber le torse, de dire que le meilleur est au Cameroun, que tout doit se faire au Cameroun et non ailleurs, que celui qui veut faire des choses innovantes et profitables aux enfants de la nations camerounaise doit venir le faire au Cameroun avec les Camerounais.
Le Cameroun a sa façon de se présenter au monde. Il a mis en place une stratégie pour se faire connaitre et peser sur le jeu mondial au niveau politique comme au niveau économique. Ce n’est pas assez, car sa souveraineté en d’autres domaines comme celui de la monnaie et de l’espace par exemple est encore confisquée par d’autres puissances.
Au Cameroun, des Camerounais voudraient voir ce pays se tourner exclusivement vers les grands pays de l’occident et se comporter comme un élève et rechercher la reconnaissance de son maître comme les autres pays africains face à la France. Beaucoup n’acceptent pas la tutelle qui aurait dû se terminer avec l’indépendance et aimeraient voir le Cameroun en allié de la France en non comme son obligé. Ils regrettent aussi que la France n’ait pu réaliser quelque transfert de technologie que ce soit au Cameroun son allié, et estiment que c’est au Cameroun d’aller chercher les technologies nécessaires à son développement auprès des puissances qui proposent des coopérations « gagnant-gagnant ». 
La stratégie du développement fondée sur l’obéissance aux grandes nations développées a échoué ; elle n’a rien rapporté aux pays africains et au Cameroun. Si l’objectif du Cameroun est l’émergence, est-ce celui des puissances qui veulent maintenir sur son destin une tutelle ? J’aime le Cameroun et constate que les grands pays d’occident ne font et ne feront aucun effort pour reconnaître tous les efforts du Cameroun pour leur ressembler. Beaucoup pensent que, sans couper ou dégrader ses relations avec les grands pays industrialisés, le Cameroun doit maintenant prendre en charge et assurer son propre épanouissement par l’émancipation de son économie. 
J’aime le Cameroun car néanmoins, il sait très bien gérer sa coopération avec les puissances occidentales et aujourd’hui, il est temps de construire une nouvelle coopération avec d’autres pays qui ont émergé économiquement sans couper leurs relations avec les grands pays industriels. Il doit être libre de développer de nouvelles alliances stratégiques. Le Cameroun le sait. Il lui reste à entreprendre une grande politique d’émancipation économique et politique. Il a des hommes pour le faire et il faudra à ceux-ci une révolution idéologique et pratique. Le peuple devra les soutenir.
J’aime le Cameroun et je sais qu’il apprendra facilement et rapidement des pays qui ont vécu les mêmes difficultés que lui. Il apprendra de la Chine, de l’Inde, du brésil et de la Turquie, et bénéficiera de l’expérience de l’Afrique du sud. Ces pays sauront apprendre au Cameroun comment utiliser son économie pour rattraper son retard industriel sur les autres économies du monde. Le but, c’est de construire comme ces pays un grand Cameroun, un grand Cameroun qui est aussi une nation des grandes régions composées de plusieurs sensibilités culturelles et politiques, un pays où l’animisme cohabite avec des religions importées dans un esprit de concorde. 
J’aime le Cameroun car il peut créer avec les nouveaux pays émergeants, et avec une autonomie politique et monétaire retrouvée, un vrai miracle qui accélérera son avancée vers l’émergence.


Daniel Tongning



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