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samedi 13 août 2011

Poésie : Rien ne put retenir la larme du sage

La nuit avait été longue, les discussions tenaces,
Et des noms d’oiseaux qui avaient volé un temps,
Un interminable temps dans l’appartement,
Avaient fini par tomber, comme l'orage s’efface
Mais, restaient cachés, comme une braise
Sous la cendre, menaçerait et voudrait qu'on se taise.
De la peur, des voix menaçantes en distribuaient,
Et assaillaient de malheur des gens qui voulaient
Voir ce volcan de haine maintenant brisé,
Pour offrir à la maisonnée un temps de vie apaisé.

Le sage qui venait comprendre ce qui agitait le monde
qu'il voulait entendre, lui éviter l'immonde
Et lui offrir une médiation qui fût entendue,
Et que la communauté dût adopter la sentence rendue,
Pour enfin prendre un nouveau chemin,
Et aller vers une nouvelle vie sans chagrin,
N'eut pas des lutteurs, la compréhension, son prix.
A l'aube, il se retira sans avoir de ce monde compris,
Ce qui l'agitait, ce monde qu’il était venu défendre.

Il venait, triste, de voir son entreprise perdre!
Comme il ne put le sauver, rien ne put retenir sa larme
Lui le Sage qui, pour ne pas perdre son âme,
Et pour que nul n’entendisse, dit en son âme étouffée :
Ô Femmes à la langue pendue, à la critique hâtée !
Ô femme au jugement sévère, bien souvent acerbe
Et à la condamnation vite jetée comme dans l’herbe,
On laisse choir une pourriture nauséabonde,
Que dégoûté, déteste un nombreux monde !

Qui t’aimera si ce n’est, même différent du tien,
Du tien que tu condamne l’homme ton bien ;
Ce malheureux que tu juge et condamne sans raison,
Et qu’heureuse ta langue conseille la pendaison.
L’homme qui, poussé par le bourreau, cette haine,
Et qui, dépassé par la soudaine découverte,
Celle que par ton personnage nouveau tu lui offre,
Mais qui lui est étranger, ne sait plus dire sa défense ?

Tétanisé par ce qu’il voit, il encaisse, et emporté
Par ce qu’il croit, encore, être l’amour,
Mais qui, depuis, devenu ton désamour
Proclamé, de celle qu’en toutes matinées et soirées,
Il a soutenu, toujours contre vents et marées,
Au motif que tu étais sa femme, son amant et conseiller
Et surtout, que Dieu sait qu’il n’y a que votre oreiller,
Pour témoigner lorsqu’il ne peut, devant le juge,
Invoquer après lui le plus sûr témoin : Dieu le sage.
Mais, contre ceux qui disent que c’est ainsi,
Vraiment ainsi qu’est l’africaine à Paris,
Il n’entendit rien, et c’est ce qui était dans sa gorge,
Qui voulait sortir et pour se soulager dire la somme:
Mais qui t’aimera, femme si ce n’est moi ton homme ?

Quand bien même tu auras chassé la vieille pousse
L’homme qu’avec délectation tu pousses,
Que tu pousses vers le tombeau
Aidée en cela par d’excellents corbeaux,
Tu auras, vraiment tu auras
En compagnie de la solitude besoin d’un homme,
Même si hier, le tout nouveau prétendant s’est substitué,
A l’homme, ton homme maintenant par tous hué
En pensant éliminer ton ancien et sa flamme,
Son concurrent au motif qu’il t’aimait moins
Et que, maintenant, lui, te donne au quintuple,
Ce qu’il a dans sa besace d’amoureux.

Mais, sais-tu vraiment, ce qu’il a dans cette besace,
Et de quoi sera fait cet autre amour proclamé,
Et qui est vraiment cet autre homme dans ta tasse
Que tu crois maintenant aimé alors que ton premier
Restera entre vous et qu’à trois vous vivrez
Ensemble, avec son esprit, qui toujours,
S’immiscera dans votre nouvel cocon d’amour ?

Daniel Tongning, 27 juin 2011

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